Rovina Cai

© Rovina Cai
© Rovina Cai

Je viens de découvrir la très belle série d’illustrations de Rovina Cai au sujet du roman Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë.

Rovina Cai est une illustratrice à la pige vivant à Melbourne, en Australie. Elle affectionne les illustrations qui évoquent un sens de l’intrigue, comme dans sa série sur Les Hauts de Hurlevent ; des images sur lesquelles on s’attarde, avide de connaître l’histoire qui s’y cache. Son travail est souvent inspiré par le passé, par les mythes, les contes de fées ou les romans gothiques.

Diplômée en Design et communication de l’Université RMIT de Melbourne, en Australie, Rovina Cai a ensuite complété une maîtrise en Illustration à la School of Visual Arts à New York.

© Rovina Cai
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Rovina Cai

2016

Nouveau film «Les Hauts de Hurlevent»

© Three Hedgehogs Films
© Three Hedgehogs Films

Le roman «Les Hauts de Hurlevent» d’Emily Brontë fait actuellement l’objet d’une nouvelle adaptation cinématographique par les productions Three Hedgehogs Films, avec Nina Elisaveta Abrahall à la réalisation. Le tournage a débuté le 7 février dernier dans le comté du Herefordshire en Angleterre. Heathcliff est interprété par Paul Atlas et Catherine par Sha’ori Morris. La première devrait avoir lieu le 31 décembre 2016.

Site officiel du film Wuthering Heights

Wuthering Heights film Facebook

2016

Les Brontë dans l’espace

Asteroides Emily Brontë,  Charlotte Brontë et  Anne Brontë
Astéroïdes Emily Brontë, Charlotte Brontë et Anne Brontë

En 1973, des astéroïdes de notre Système solaire ont été découverts par un trio d’astronomes néerlandais : Cornelis Johannes van Houten, Ingrid van Houten-Groeneveld et Tom Gehrels. Ils baptisèrent ces astéroïdes du nom des sœurs Brontë.

Charlottebrontë est le nom de l’astéroïde 39427, découvert au Mont Palomar le 25 septembre 1973. Son trajet orbital est d’une durée de 7.95 ans.

L’astéroïde 39428 porte le nom Annebrontë. Il a été découvert le 29 septembre 1973 à l’observatoire du Mont Palomar. Son trajet orbital est d’une durée de 3.79 ans.

L’astéroïde 39428 porte le nom Emilybrontë .Son trajet orbital est d’une durée de 3.88 ans. Il a été découvert le 29 septembre 1973 à l’observatoire du Mont Palomar.

Un astéroïde est un petit corps céleste composé de roche, de métaux et de glace, de forme irrégulière et dont les dimensions varient de quelques dizaines de mètres à plusieurs kilomètres.

L’astronome Ingrid van Houten-Groeneveld fut une découvreuse extrêmement prolifique de plusieurs milliers d’astéroïdes. Son collègue Tom Gehrels fit un balayage du ciel à l’aide du télescope de Schmidt de 48 pouces (1,22 m) de l’observatoire du Mont Palomar et expédia les plaques au couple van Houten à l’observatoire de Leyde, qui les analysèrent pour trouver de nouveaux astéroïdes. Le trio est crédité conjointement pour la découverte de plusieurs milliers d’astéroïdes entre 1960 et 1977 (4 605 astéroïdes numérotés au 8 mars 2015).

Les Brontë en français

Le-Palais-de-la-mortEn 2013, la sortie du livre «Le Palais de la Mort» aux éditions Hermann nous permet de lire de brefs textes rédigés en français par Charlotte et Emily Brontë, alors qu’elles avaient 26 et 24 ans. Ces exercices de rédaction, réalisés à Bruxelles en 1842 et 1843 lors des études des deux sœurs au pensionnat Héger, nous donnent un aperçu du style et de la personnalité des écrivaines qui, quelques années plus tard, allaient publier Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent.

Les textes qu’elles soumettaient alors à leur professeur, Constantin Héger, ne ressemblent guère à des devoirs d’écolières. Les deux sœurs étaient déjà des jeunes femmes qui s’étaient formées à la littérature depuis leur plus tendre enfance par la rédaction de poèmes, de nouvelles et de pièces littéraires. Écrire en français avec style et élégance constituait pour elles un défi, et le niveau de langue dont elles témoignèrent attestent que la langue de Molière leur fut un moyen d’expression véritable leur permettant d’aborder de nouveaux sujets.

L’ambitieuse Charlotte s’était déjà initiée au français dans son jeune âge : «à 13 ans, elle écrivit en français une histoire intitulée L’Enfant ; à 14 ans, elle traduisit le premier livre de la Henriade de Voltaire ; à 15 ans, elle remporta le prix de français de l’école de Roe Head ; à 16 ans, elle écrivit en français une lettre passionnée, bien que remplie d’erreurs.» P.9 En arrivant au pensionnat Héger, Charlotte avait donc acquis une bonne base de grammaire et un vocabulaire étendu en français.

Si la mort de leur tante Branwell mis fin à leur semestre et obligea Charlotte et Emily à revenir précipitamment à Haworth, Monsieur et madame Héger leur offrirent de revenir pour poursuivre leurs études, tout en donnant des cours d’anglais à leurs élèves. Emily déclina l’offre, mais Charlotte, éperdument amoureuse de monsieur Héger, accepta avec gratitude de revenir seule à Bruxelles l’année suivante.

«Le Palais de la Mort» rassemble une sélection des textes que monsieur Héger suggéra à ses deux élèves anglaises pendant leur séjour sur le Continent. Ces textes sont particulièrement éloquents pour nous révéler le caractère unique de chacune des sœurs.

 

L’ingratitude, par Charlotte Brontë

16 mars 1842

Ce petit conte moral raconte l’histoire d’un jeune rat de campagne, qui trouve la mort après avoir quitté un père aimant pour aller à l’aventure. En lisant ce bref récit, je ne pouvais m’empêcher de reconnaître dans cette métaphore les mésaventures du frère des sœurs Brontë, Branwell, entre autres lors de son premier voyage à Londres. Nous savons que l’attitude de Charlotte face à l’échec et à la déchéance de son frère comportait beaucoup d’amertume. Après avoir été la fierté et l’espoir adulé de toute la famille dans sa jeunesse, Branwell échoua tous ses projets de carrière, que ce soit à titre de portraitiste, d’écrivain, de précepteur ou d’employé des chemins de fer. Sa dépendance à l’alcool et à l’opium causa cette déchéance, pour finalement l’entraîner vers une mort prématurée.

L'ingratitude«Un Rat, las de la vie des villes, et des cours; (car il avait joué son rôle aux palais des rois et aux salons des grand seigneurs) un rat, que l’expérience avait rendu sage, enfin, un rat qui de courtisan était devenu philosophe, s’était retiré à sa maison de campagne (un trou dans le tronc d’un grand ormeau) où il vivait en ermite et dévouait tout son temps et tous ses soins à l’éducation de son fils unique.

Le jeune rat qui n’avait pas encore reçu de ces leçons sévères mais salutaires que donne l’expérience, était un peu étourdi; les sages conseils de son père lui semblaient ennuyeux; l’ombre et la tranquillité des bois, au lieu de calmer son esprit, le fatiguaient. Il s’impatientait de voyager et de voir le monde.

Un beau matin, il se levait de bonne heure, il fit un petit paquet de fromage et de grain, et sans mot dire à personne l’ingrat abandonna son père et le logis paternel et partit pour des pays inconnus.

D’abord tout lui parut charmant; les fleurs étaient d’une fraîcheur, les arbres d’une verdure qu’il n’avait jamais vues chez lui – et puis, il vit tant de merveilles; un animal avec une queue plus grande que son corps (c’était un écureuil) une petite bête qui portait sa maison sur son dos, (c’était un limaçon). Au bout de quelques heures il approcha une ferme, un odeur de cuisine l’attira, il entra dans la bassecour – là il vit une espèce d’oiseau gigantesque qui faisait un horrible bruit en marchant d’un air fier et orgueilleux. Or, cet oiseau était un dindon, mais notre rat le prit pour un monstre, et effrayé de son aspect, il s’enfuyait sur le champ.

Vers le soir il entra dans un bois, lassé et fatigué il s’assit au pied d’un arbre, il ouvrait son petit paquet, mangeait son souper, et se couchait.

S’éveillant avec l’alouette – il sentit ses membres engourdis de froid, son lit dur le faisait mal; alors il se souvenait de son père, l’ingrat rappellait les soins, et la tendresse du bon vieux rat, il formait des vaines résolutions pour l’avenir, mais c’était trop tard, le froid avait gelé son sang. L’Expérience fut pour lui une maîtresse austère, elle ne lui donna qu’une leçon et qu’une punition, c’étaient la mort.

Le lendemain un bucheron trouva le cadavre, il ne le regarda que comme un objet dégoutant et le poussa de son pied en passant, sans penser que là gisait le fils ingrat d’un tendre père.»

 

Le Chat, par Emily Brontë

15 mai 1842 

En 1842, Emily Brontë quitte l’Angleterre avec sa sœur Charlotte pour parfaire son éducation au pensionnat Héger à Bruxelles. Durant neuf mois, elle reçoit l’enseignement de Constantin Héger, qui lui apprend à écrire le français. Neuf des devoirs d’Emily rédigés pendant cette période ont été retrouvés. Truffés de fautes et de maladresses, ce sont les rédactions d’une étudiante qui résiste tant bien que mal à l’autorité et à la rigueur de la langue française. Dans son devoir intitulé «Le chat», une métaphore ironique sur la nature humaine, nous retrouvons l’apologie de la misanthropie dont faisait preuve l’auteure des Hauts de Hurlevent.

«Je puis dire avec sincérité, que j’aime les chats ; aussi je sais rendre des très bonnes raisons, pourquoi ceux qui les haïssent, ont tort.

Un chat est un animal qui a plus des sentiments humains que presque tout autre être. Nous ne pouvons soutenir une comparaison avec le chien, il est infiniment trop bon : (mais) mais le chat, encore qu’il diffère en quelques points physiques, est extrêmement semblable à nous en disposition.

Il peut être des gens, en vérité, qui diraient que cette ressemblance ne lui approche qu’aux hommes les plus méchants ; qu’elle est bornée à son excès d’hypocrisie, de cruauté, et d’ingratitude ; vices détestables dans notre race et également odieux en celle des chats. Sans disputer les limites que ces individus mettent à notre affinité, je réponds, que si l’hypocrisie, de cruauté et l’ingratitude sont exclusivement la propriété des méchants, cette classe renferme tout le monde ; notre éducation développe une de ces qualités en grande perfection, les autres fleurissent sans soins, et loin de les condamner, nous regardons tous les trois, avec beaucoup de complaisance. Un chat, pour son intérêt propre cache quelquefois sa misanthropie sous une apparence de douceur très aimable ; au lieu d’ar­racher ce qu’il désire de la main de son maître il s’approche d’un air caressant, frotte sa jolie petite tête contre lui, et avance une patte dont la touche est douce comme le (che) duvet. Lorsqu’il est venu à bout, il reprend son caractère de Timon, et cette finesse est nommée l’hypocrisie en lui, en nous-mêmes, nous lui donnons un autre nom, c’est la politesse et celui qui ne l’employait pas pour déguiser ses vrais sentiments serait bientôt chassé de société

Malgré les nombreuses imperfections des devoirs de Bruxelles de Charlotte et d’Emily Brontë, il est fascinant pour un francophone de lire dans le texte ces auteures dont les chefs d’œuvres sont parvenus jusqu’à nous à travers les filtres de la traduction.

Le masque

Détail «Le Masque» par L. Schiavonetti d'après Sir Joshua Reynolds (1790)
Détail «Le Masque» par L. Schiavonetti d’après Sir Joshua Reynolds (1790)

Le révérend Patrick Brontë écrivit un jour à la biographe de Charlotte Brontë, Elizabeth Gaskell, afin de lui raconter un épisode énigmatique survenu pendant l’enfance de ses célèbres filles, vers 1824. Il y révèle ses surprenantes méthodes d’enseignement, de même que la grande liberté intellectuelle qu’il laissait à sa progéniture. «Quand mes enfants étaient très jeunes —aussi loin que je me souvienne, l’aînée devait avoir une dizaine d’années, et la plus jeune environ quatre ans, persuadé qu’ils en savaient plus que je ne l’avais déjà découvert, voulant les faire parler avec moins de timidité, je pensai que s’ils étaient derrière une sorte de protection, je pourrais atteindre mon but. Ayant justement un masque à la maison, je leur dis de tous se lever et de parler franchement sous le couvert du masque.

Je commençai avec la plus jeune (Anne), et lui demandai ce qu’une enfant comme elle désirait le plus ; elle répondit « L’âge et l’expérience ». Je demandai à la suivante (Emily), ce que j’avais de mieux à faire avec son frère Branwell, qui était parfois désobéissant ; elle répondit « Raisonnez-le, et quand il refuse d’entendre raison, fouettez-le. » Je demandai à Branwell la meilleure façon de connaître la différence entre l’esprit des hommes et celui des femmes ; il répondit « En considérant les différences de leurs corps. » Ensuite, je demandai à Charlotte quel était le meilleur livre au monde ; elle répondit « La Bible » et quel était le suivant ; elle répondit « La Livre de la Nature. » Je demandai ensuite à [Elizabeth] quelle était la meilleure éducation pour une femme ; elle répondit « Celle qui la fera tenir sa maison correctement. » Enfin, je demandai à la plus âgée [Maria] quelle était la meilleure façon d’occuper son temps ; elle répondit « En se préparant à l’Éternité Bienheureuse. » Je ne pensais pas les citer précisément, mais c’est à peu de choses près ce que j’ai fait, car leurs mots ont marqué profondément et durablement ma mémoire.»

Lorsque Patrick Brontë encouragea ses enfants à s’exprimer en utilisant un masque, Maria et Elizabeth avait fait un bref séjour à l’école Crofton Hall à Wakefield, de laquelle elles étaient revenues malades de la grippe. L’aînée de la famille, la précoce et brillante Maria, prenait soin de ses frères et sœurs et leur faisait régulièrement la lecture, incluant celle des journaux locaux et des livres de la bibliothèque du révérend, qu’il laissait librement à leur disposition.

Nous n’avons pas de détail sur la manière exacte dont l’interrogatoire s’est déroulé, ni sur le masque lui-même. Les érudits cherchent encore aujourd’hui à tirer de ce curieux témoignage une signification qui pourrait nous révéler quelques secrets au sujet de l’enfance des sœurs Brontë. Si les questions et les réponses nous semblent étranges aujourd’hui, elles ne l’étaient pas dans le contexte du XIXe siècle protestant en Angleterre. Anne fut interrogée à propos d’elle-même ; Branwell, le garçon de la famille, à propos de la différence entre les sexes ; Charlotte à propos des livres ; Elizabeth à propos de l’éducation des femmes et Maria sur la meilleure façon d’employer son temps. Bien que sans doute un peu trop sages et graves pour leurs âges respectifs, les enfants répondirent avec  la rectitude morale attendue, sans grande originalité.

Emily fut plutôt interrogée à propos de son frère et sur la manière de le discipliner. La future auteure des Hauts de Hurlevent subissait-elle la tyrannie de son grand frère turbulent pour justifier une telle question ? Nous pouvons nous aventurer à le présumer. Dans le célèbre roman, la manière dont le personnage Hindley  Earnshaw réduit Heathcliff au rang de serviteur pourrait faire écho à une réminiscence de la condescendance masculine de Branwell envers ses sœurs — et de l’ensemble de la gent masculine à l’époque victorienne. Si Heathcliff fomente une terrible vengeance envers celui qui l’a ainsi humilié, le génie littéraire des trois sœurs Brontë pourrait par ailleurs être la plus extraordinaire des revanches envers la misogynie de leur époque.

Les sœurs Brontë ont en effet lancé leurs ovnis littéraires dans l’horizon intellectuel guindé du siècle victorien en utilisant un autre masque, celui de pseudonymes masculins : Acton, Ellis et Currer Bell. Conscientes des préjugés défavorables de leur époque envers les femmes, le recours à cette précaution ne constituait pas une extravagance pour celles qui souhaitaient vivre de leur plume. Suite au succès, aux controverses et aux manœuvres malhonnêtes de certains éditeurs  concernant les publications de Jane Eyre, Les Hauts de Hurlevent et Agnes Grey, Charlotte et Anne décidèrent finalement de révéler leurs identités, alors qu’Emily refusa catégoriquement (et jusqu’à sa mort) d’abandonner le précieux masque du pseudonyme.

Promenade sur la lande avec les Brontë

© Domowa Kostiumologia
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«Lorsque le temps était beau et favorable, nous faisions de merveilleuses promenades à travers la lande, dans les creux, les ravins, qui, ça et là, rompent sa monotonie…

© Domowa Kostiumologia
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…Emily, Anne et Branwell passaient les rivières à gué et nous aidaient parfois (Charlotte et moi) à les franchir en y plaçant des cailloux…

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…Emily en particulier, ressentait une joie intense à se trouver dans ces recoins pleins de charme et, pour un temps, abandonnait sa réserve…

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…En ces premiers jours, au cours d’une longue course dans la lande, nous allâmes jusqu’à un endroit bien connu d’Emily et d’Anne qu’elles avaient baptisé le rendez-vous des eaux

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…C’était une petit oasis d’herbe verte comme l’émeraude où jaillissaient ici et là de petites sources claires ; quelques grosses pierres servaient à s’y reposer… 

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…Assis là, nous étions cachés au reste du monde. Sous nos yeux, rien d’autre que des milles et des milles de bruyère, un ciel bleu resplendissant, un soleil radieux. Une fraîche brise nous apportait son souffle vivifiant…»

Impression d’Ellen Nussey, l’amie de Charlotte Brontë, lors de sa première visite à Haworth en 1833. Charlotte avait alors 17 ans ; Emily 15 ans et Anne 13 ans.

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«Ma sœur Emily adorait la lande…

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…Les fleurs croissant au plus obscur de ces étendues stériles avaient à ses yeux un éclat qui passait celui de la rose ; d’un creux morne au flanc d’une colline sans couleur, son imagination savait faire un Eden…

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© Domowa Kostiumologia

…La triste solitude était pour elle une source d’enchantements précieux dont la liberté, qu’elle aimait plus que tout, m’était pas le moindre. Emily respirait la liberté à pleines narines ; elle ne pouvait exister sans elle… »

Charlotte Brontë, à propos de son séjour avec Emily à l’école de Roe Head en 1835.

Les photographies de cet article ont été réalisées par trois jeunes polonaises, Marta, Karolina et Olga, qui ont voyagé jusqu’à Haworth et se sont présentées au Musée Brontë dans leurs costumes d’époque ! Les employés les ont accueillies avec enthousiasme. Vous pouvez lire le compte-rendu de cette expérience inusitée dans cet article du blogue Domowa Kostiumologia.

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Sosies d’Emily

Le 30 juillet dernier, Emily Brontë aurait atteint l’âge vénérable de 196 ans. Considérée souvent comme la plus énigmatique des sœurs Brontë (entre autres parce que ses deux sœurs ont laissé à la postérité plus d’écrits et de représentations d’elles-mêmes), Emily traverse les siècles avec seulement deux portraits révélant son visage : l’un de trois quart (portrait dit «à la colonne», c1834) et l’autre portrait de profil, découpé dans un tableau familiale aujourd’hui disparu, c1833. Voici deux  sosies d’Emily que j’ai découverts au fil des années, inspirés de ce fameux portrait de profil.

Emily Brontë / Inconnue, daguerreotype c1850 (Southworth & Hawes) / Photo de profil Facebook d'Isabelle Pruneau, Canada (publié avec sa permission)
Emily Brontë / Inconnue, daguerreotype c1850 (Southworth & Hawes) / Photo de profil Facebook d’Isabelle Pruneau, Canada (publié avec sa permission)