Emily Brontë

30 juillet 1818 – 19 décembre 1848

Quelques faits saillants en Mood Board

© Louise Sanfaçon
© Louise Sanfaçon

De gauche à droite et de haut en bas :

Lieu marquant : La lande du Yorkshire. Très attachée à la lande, Emily s’y promenait si possible chaque jour, pendant des heures. Dans ces montagnes couvertes de roches et de bruyères, fouettées par les vents, elle trouvait un espace de liberté et d’intensité qui n’avait son pareil nul par ailleurs. Son imaginaire débordant s’y déploya sans retenue, donnant vie à l’extraordinaire univers onirique du Gondal, dont Les Hauts de Hurlevent et les poèmes font partie intégrante. (Image : «Moorland» par John William Inchbold, 1854)

Passion/Obsession : Gondal. À la première occasion en 1831 (elle a 13 ans), Emily s’est dissociée du monde imaginaire d’Angria conçu par Charlotte et Branwell pour créer avec Anne son propre univers virtuel, Gondal (inspiré du Yorkshire et de l’Écosse). Contrairement à Anne ou Charlotte, Emily n’a jamais quitté ce monde imaginaire dans lequel elle s’est complètement absorbée. Lors d’un petit voyage à York avec Anne en 1845 (elle a alors 27 ans), elle a préféré interpréter les personnages de Gondal pendant tout le voyage plutôt que de s’intéresser aux attraits de la région qu’Anne voulait lui faire découvrir. Cet univers intérieur prenait pour elle autant de place et d’importance (sinon plus ?) que la vie réelle. «Le monde du dehors est si vide d’espoir / Que m’est deux fois précieux le monde du dedans.» Poème «À l’Imagination», Emily Brontë, 3 septembre 1844. (Image : détail d’une illustration pour  Woodstock dans The Waverley Novels de Sir Walter Scott).

Persona : Comme Catherine Earnshaw, l’héroïne du roman Les Hauts de Hurlevent, Emily est une fille de la terre, profondément attachée à la lande. Esprit libre, fougueux et rebelle, Emily Brontë exalte en permanence le mystérieux, l’étrange et le sublime, au sein de cette grande nature aride des landes du Yorkshire. Emily se laisse absorber totalement par cette nature sauvage et décentrée, fusionnée à elle en une sorte de communion mystique païenne. «…La triste solitude était pour elle une source d’enchantements précieux dont la liberté, qu’elle aimait plus que tout, n’était pas le moindre. Emily respirait la liberté à pleines narines ; elle ne pouvait exister sans elle… » Charlotte Brontë, à propos de son séjour avec Emily à l’école de Roe Head en 1835. (Image détail de Wuthering Heights par Robert McGinnis)

Animal : Keeper. Il est presque impossible de trouver une anecdote au sujet d’Emily sans qu’il y soit question d’un animal. Ses lettres et ses journaux intimes regorgent de mentions au sujet de la ménagerie des Brontë : les chiens, les chats, les oies, une perruche, même un faucon nommé Hero. Si le chien de l’enfance, Grasper, a tenu une grande place dans la vie d’Emily, la postérité a surtout retenu Keeper, un mastiff imposant qui aimait tendrement sa maîtresse. Les quelques personnes qui ont croisé Emily à la fin de sa vie l’ont toujours vu avec Keeper à ses côtés. Selon la biographe Elizabeth Gaskell, il ouvrit le cortège funèbre d’Emily en 1848, puis il dormit en gémissant pendant des nuits à la porte de sa chambre vide. (Image : «Keeper» par Emily Brontë, 1838)

Activité : Réclusion. Le profond attachement qu’Emily ressentait pour la lande et le foyer paternel à Haworth entraina un grave dépérissement lors de son séjour à la pension de Roe Head avec Charlotte en 1835 (elle a alors 17 ans). Elle fût heureuse de prendre en charge une bonne partie des tâches domestiques au presbytère après ses études à Bruxelles, au lieu de chercher à gagner sa vie à l’extérieur comme ses deux sœurs. Cet arrangement lui donnait suffisamment de solitude et de temps libre pour lui permettre de se consacrer à son imaginaire. (Image : dessin du presbytère d’Haworth par anonyme)

Homme : ?. On ne connaît pas d’attachement d’Emily envers un homme, autre que son amour filiale envers son frère Branwell et son père Patrick. Plusieurs biographes se sont donc abandonnés à toutes sortes de conjectures à ce sujet,  alléguant que la puissante passion dans le roman Les Hauts de Hurlevent ne pouvait que résulter d’une expérience réelle tout aussi intense. Dans ce cas, qui fut le modèle du personnage d’Heathcliff, archétype torturé de l’anti-héros byronien ? Ce n’est pas Branwell, qui inspira plutôt le personnage d’Hindley Earnshaw, le frère déchu et alcoolique de l’héroïne Catherine Earnshaw.  Le roman-essai de Sarah Fermi Emily’s Journal recoupe certaines informations qui pourrait pointer vers une idylle de jeunesse, Robert Clayton, issu d’une famille de fermiers et de tisserands du Yorkshire. Cette hypothèse, bien que documentée, ne peut malheureusement être confirmée par aucun témoignage d’époque. Le mystère autour des amours d’Emily demeure donc entier. (Image : détail d’une illustration des Hauts de Hurlevent par Fritz Eichenberg, 1943)

Échantillon d’écriture : Fragments de poèmes d’Emily Brontë, 1839.

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