Hivers brontëens (2)

© Lynn Marie Cunliffe

« Viens-t-en avec moi

Il n’est plus que toi

Dont mon cœur se puisse réjouir ;

Nous aimions par les nuits d’hiver

Errer dans la neige :

Si nous renouvelions ces vieux plaisirs ? »

Emily Brontë, 1844

Musée Brontë, vu du jardin.

« Silencieuse est la maison — tous sont plongés dans le sommeil ;

Un seul regarde, solitaire, au-delà des neiges profondes »

Emily Brontë, 1845

Musée Brontë, vu du cimetière.

« Transi dans la terre et sur toi cet amas de neige profonde !

Loin, loin de tout atteinte et transi dans la morne tombe !

Ai-je donc oublié, mon Unique Amour, de t’aimer,

Séparée à jamais d’avec toi par la vague du Temps ? »

Emily Brontë, 1845

© Lynn Marie Cunliffe

« Les vents soupirent comme tu soupires,

Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin

Là où gisent les feuilles d’automne. »

Emily Brontë, 1839

Nord de l’Angleterre © FreeFoto.com

« Ce n’est que le gel qui éclaircit l’air, et donne au ciel ce ravissant bleu ; ils sourient sous un soleil d’hiver, ces persistans aux sombres teintes.

Et le frisson de l’hiver est sur son cœur. —

Comment puis-je rêver de félicité future ? Comment mon esprit peut-il prendre son essor, confiné par une chaîne telle que celle-ci ? »

Anne Brontë, poème non daté

Église St. Michael & All Angels,  Haworth.

« Le jour est à son terme, le soleil

Se couche dans son morne ciel »

Emily Brontë, 1844

« La lune est pleine en cette nuit d’hiver,

Les étoiles sont rares, mais claires,

Et à chaque fenêtre on voit briller

Des feuilles de rosée gelée. »

Emily Brontë, 1844

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Voyez également mon article précédent « Hivers brontëen (1) » relatant l’histoire des hivers d’Angleterre à l’époque des Brontë.

Hivers brontëens (1)

© Lyn Marie Cunliffe

«Je sais, parmi d’âpres collines,

Un vallon, où hurle l’hiver,

Mais où, dans la froidure, brille

Une réchauffante lumière«.

Emily Brontë, 4 décembre 1838

© Lyn Marie Cunliffe

Hiver 1816 : Connue sous le nom de l’année sans été, la neige est tombée très tard, et l’été ne s’en est jamais remis. L’hiver a été rigoureux. Une éruption volcanique (Tambora, Indes) a considérablement perturbé le système des vents et des températures, touchant la ligne de dépression qui s’est déplacée plus au sud que d’habitude, rendant le Royaume-Uni très froid et humide pour la saison d’été, et même au-delà. L’Écosse fut plus sèche cependant, un signe évident que la ligne de dépression avait changé de parcours. En septembre la Tamise a gelé ! La neige est même restée sur les collines jusqu’à la fin du mois de juillet.

Hiver 1819-1820 : Hiver rigoureux. Un -23º C a été enregistré à Tunbridge Wells.

© Lyn Marie Cunliffe

Hiver 1821 : À la fin mai, il y eut de la neige à Londres, probablement les dernières chutes de neige tardives avant celles qui furent enregistrées le 2 juin 1975.

Hiver 1822-23 : Conditions hivernales extrêmes, avec de la glace sur la Tamise à la fin du mois de décembre. Le 8 février, il y eut une grosse tempête de neige dans le Nord de l’Angleterre. Les gens devaient se faire des tunnels à travers la neige pour se déplacer.

© Lyn Marie Cunliffe

Hiver 1825 : La neige est tombée en octobre à Londres. Un temps très venteux, avec des rafales qui ont fait de nombreux dégâts matériels.

Hiver 1826 : De la glace sur la Tamise.

Hiver 1829 : Une année froide, avec du gel tout au long du mois de janvier. L’été a été humide et froid. Plus de 3 centimètres de neige sont tombés au début du mois d’octobre, probablement à Londres. Ensuite, 15 centimètres de neige sont tombés à Londres et le Sud à la fin du mois de novembre. Les tempêtes de vent du Nord et de l’Est ont endommagé des navires, certains ont même sombré.

© Lyn Marie Cunliffe

Hiver 1829-1830 : Hiver rigoureux, avec du gel du 23 au 31 décembre, puis du 12 au 19 janvier, et enfin du 31 janvier au 6 février. De la glace sur la Tamise à partir de la fin du mois de décembre, jusqu’à la fin du mois de janvier. Certains endroits furent complètement bloqués. Le 25 décembre 1830 a été froid, avec -12º C enregistrées à Greenwich.

Top Withens – http://www.haworth-village.org.uk

Hiver 1834-35 : Hiver enneigé en Écosse. La neige a duré une bonne partie du mois de mars, avec près de 3 mètres de neige à certains endroits. Cette tendance s’est poursuivie pour un certain nombre d’hivers, avec beaucoup de neige en Écosse. Du début de l’hiver, en décembre, jusqu’à la fin de l’hiver en mars, la neige a été un véritable problème. Il y eut des accumulations considérables. La neige est tombée sur tout le territoire, mais surtout dans le nord de l’Écosse, où les accumulations ont été très importantes et ce, jusqu’en avril.

Top Withens – http://www.haworth-village.org.uk

Hiver 1836-1837 : Un autre hiver neigeux, avec de fortes précipitations en janvier. Les blizzards ont commencé à la fin du mois de février et se sont poursuivis jusqu’en mars. Les transports ont été gravement perturbés, et les récoltes ont été endommagées par les gelées. Cette série d’hivers rigoureux a été très difficile, en particulier pour l’Écosse, mais pour partout ailleurs également. La plus importante des tempêtes de neige est survenue en octobre 1836, avec des accumulations de 5-6 cm. Le 25 décembre 1836, les routes étaient impraticables, les épaisseurs de neige ayant atteint un impressionnant 5 à 7 mètres dans de nombreux endroits.

Coucher de soleil d’hiver – http://www.haworth-village.org.uk

Hiver 1837-38 : L’hiver Murphys. Patrick Murphy a fait sa renommée et sa fortune grâce à la vente d’un almanach dans lequel il prévoyait le gel sévère de janvier 1838 (une période de 2 mois glacials avec un léger vent du Sud Est et du givre le 7 ou le 8 janvier). Le 20 Janvier, les températures ont chuté à -16º C à Londres, ce minimum s’inscrivant comme «le» record de froid enregistré dans la capitale anglaise au XIXe siècle. Un -20º C fut enregistré à Blackheath, et un -26º C à Beckenham, dans le Kent. La température à Greenwich a chuté jusqu’à -11º C à midi ! La Tamise a complètement gelé.

L’hiver à Hawoth – http://www.haworth-village.org.uk

Hiver 1838 : Averses de neige le 13 octobre, possiblement à Londres et dans le Sud.

Hiver 1840-1841 : Hiver rigoureux.

Hiver 1846 : « J’espère que vous n’êtes pas gelé, le froid est terrible ici, je ne me souviens pas avoir connu une telle série de journées arctiques. L’Angleterre pourrait bien avoir glissé vers le pôle Nord ; le ciel ressemble à de la glace, la terre est complètement gelée, le vent est aussi vif qu’une lame à deux tranchants ». Charlotte Brontë, 15 décembre 1846.

L’hiver à Haworth – http://www.haworth-village.org.uk

Hiver 1849 : Avril, une grosse tempête de neige a frappé le Sud de l’Angleterre. Des carrosses à chevaux furent enterrés dans les vallons. Chutes de neige tardives notables.

Hivers 1851-53 : Le premier de ces hivers rigoureux a vu de fortes chutes de neige en Écosse. Le chemin de fer d’Aberdeen vers le Sud a été durement touché, mais il est quand même resté ouvert. Les blizzards ont causé quelques décès. Les tempêtes se sont arrêtées vers la fin du mois de janvier. L’hiver 1852-1853 a été également sévère, plus particulièrement en février. Les basses températures et les fortes chutes de neige ont duré une bonne partie du mois de mars pour la plupart des régions.

Source pour les textes : The History of British Winters