Rovina Cai

© Rovina Cai
© Rovina Cai

Je viens de découvrir la très belle série d’illustrations de Rovina Cai au sujet du roman Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë.

Rovina Cai est une illustratrice à la pige vivant à Melbourne, en Australie. Elle affectionne les illustrations qui évoquent un sens de l’intrigue, comme dans sa série sur Les Hauts de Hurlevent ; des images sur lesquelles on s’attarde, avide de connaître l’histoire qui s’y cache. Son travail est souvent inspiré par le passé, par les mythes, les contes de fées ou les romans gothiques.

Diplômée en Design et communication de l’Université RMIT de Melbourne, en Australie, Rovina Cai a ensuite complété une maîtrise en Illustration à la School of Visual Arts à New York.

© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai

Rovina Cai

2016

The Brontës – Children of the Moors

© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström

Produit dans le cadre du 200e anniversaire de la naissance de Charlotte Brontë, le livre «The Brontës – Children of the Moors» présente les trois sœurs Brontë Charlotte, Emily et Anne, de même que leur frère Branwell.

© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström

Avec un brillant mélange de narration et de merveilleuses illustrations, les auteurs et illustrateurs Mick Manning et Brita Granström relatent la vie tragiquement courte des Brontë dans le village isolé de Haworth. Ils explorent également les raisons pour lesquelles les trois sœurs furent inspirées à devenir écrivaines, de même que la réception de leurs publications.

© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström

Les illustrations et le texte de ce livre réussissent à montrer comment la magie et la sauvagerie de l’environnement où ont vécu les Brontë ont inspiré leur travail. Ce n’est peut-être pas surprenant puisque Mick Manning est lui-même né à Haworth et y a grandi ! Enfant, il a même joué un jeune berger dans une adaptation des Hauts de Hurlevent produit par la BBC.

© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström
© Mick Manning et Brita Granström

The Brontes – children of the moors

Mick Manning et Brita Granström

Éditions Franklin Watts/Hachette, 2016

http://www.mickandbrita.com

2016

Coralie Nagel dans «Finding Gondal- L’histoire des sœurs Brontë»

 © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
Patrick Brontë et ses enfants Branwell, Anne, Emily et Charlotte © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

Le documentaire «Finding Godal- L’histoire des sœurs Brontë» de Morgan Rauscent fait actuellement sa tournée dans différents festivals à travers le monde. Il fut récemment primé aux International Independent Film Awards de Los Angeles : «Prix Platinum» du meilleur documentaire ; «Prix Platinum» du meilleur commentaire en voix off ;« Prix Or» de la meilleur cinématographie ; «Prix Or» pour la meilleure trame sonore ; «Prix Or» pour la meilleure animation ; «Prix Platinum» pour la meilleure réalisation. Sa sortie en DVD est prévue pour l’automne 2016.

Un aspect intéressant du documentaire est l’utilisation d’illustrations de l’artiste bédéiste Coralie Nagel /Conie Co, afin de présenter certains chapitres de la vie des Brontë de même que leurs romans.

 © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
Les enfants Brontë inventent leur monde imaginaire © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

Voici une compte-rendu du documentaire :

«Son premier film, Morgan Rauscent la mûrement réfléchi. L’idée lui est venue en 2003, lors d’un voyage d’étude à Londres. Des lors, l’idée a eu le temps de faire son bout de chemin. Si le projet a rencontré quelques difficultés de production, ce film a enfin pu voir le jour grâce à un financement participatif. Achevé, il y a tout juste quelques jours pour sa première diffusion lors du festival, le résultat est loin de décevoir.

 © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
Charlotte découvre les poèmes d’Emily © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

Certes, il ne surprend guère dans sa forme et ne révolutionne pas le genre documentaire. Le mélange entre interviews et zooms sur des images illustratives n’est pas nouveau. Quoi qu’il en soit, ce choix esthétique n’empêche en rien de se laisser captiver par l’histoire. L’illustration d’un passage du film en ombres chinoises ( Les Hauts de Hurlevent, avec les marionnettes de Marie Sergent) fonctionne parfaitement, et est pour le coup, originale.

 © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
Anne et Charlotte révélant leurs identités chez l’éditeur de «Jane Eyre» © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

Et puis, il paraît difficile de reprocher les images qui ont été choisies, tant celles-ci sont belles. Comment se lasser des paysages si particuliers et de cette ambiance tellement magique du Yorkshire? Les illustrations à proprement parler servent très bien le propos, qu’ils s’agissent de peintures, de gravures ou encore de dessins, d’ailleurs très bien exécutés. Tout cela est entre-coupé avec le dessin en train de se faire d’une carte au motif Tolkenien.

 Jane Eyre © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
Jane Eyre © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

L’ensemble du film est au final très bien monté, et l’alternance de ces différentes illustrations toujours pertinentes. Outre ces images explicatives, les interviews de grands universitaires anglais sont toujours claires et justes. Le réalisateur a choisi les meilleurs. Et puis, un documentaire, c’est avant tout permettre d’expliciter un fait, une histoire. Ici, cette dernière est toujours claire, et de surcroît, très bien racontée par un conteur à la voix entraînante. La musique, création originale, rajoute d’autant plus de lyrisme et de charme à ce film.

Les Hauts de Hurlevent © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
Les Hauts de Hurlevent © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

Et oui, car si la forme est intéressante, n’en n’oublions pas le contenu ! Les fameuses sœurs Brontë. Si le documentaire le fera bien évidement mieux que nous, rappelons néanmoins quelques points phares pour vous mettre en appétit. La famille Brontë est ce qu’on pourrait appeler une famille d’artistes. Les trois sœurs, Anne, Emily et Charlotte, ont commencé très jeunes à écrire des poèmes. Puis, chacune d’elles a écrit des romans. Charlotte en a écrit quatre, et c’est en cela la plus citée, mais l’œuvre des deux autres n’est pas à laisser de côté. C’est bien en cela que le film de Morgan Rauscent est intéressant. Il ne se focalise pas sur une sœur ou une œuvre en particulier, mais tente au contraire de s’ouvrir à la famille entière et les différents modes de vies. C’est même en ayant vu les erreurs et ce défaut-là dans d’autres documentaires qu’il a été convaincu de son parti pris. Connaisseur ou non de l’histoire des sœurs Brontë, le spectateur se laisse porter par ce qui nous est conté, et on découvre avec plaisir cette littérature anglaise pas toujours connue.

Shirley © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
Shirley © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

Le petit plus du film ? La lecture de quelques poèmes par une actrice à la voix particulièrement forte et émouvante. Ces lectures imposent certes une pause dans le récit, mais ont aussi une autre fonction : celle de donner d’avantage encore envie de lire les poèmes des sœurs, moins connus que leurs romans. Et, visiblement à tort. Les extraits choisis, murmurés sur la toile de fond de landes anglaises pluvieuses, nous emportent immédiatement.

La locataire de Wildfell Hall © Coralie Nagel / Conie Co - «Finding Gondal - L'histoire des sœurs Brontë», 2015
La locataire de Wildfell Hall © Coralie Nagel / Conie Co – «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë», 2015

Pour résumer, il s’agit d’un film documentaire classique dans sa forme, mais efficace sans aucun doute. Pour ceux qui auraient envie de découvrir leurs œuvres et la littérature anglaise, ou qui auraient envie d’approfondir leurs connaissances, n’hésitez pas ! Ce documentaire est fait pour vous. Sortie DVD/Bluray prévu dans un an, mais vous pouvez retrouver d’autres dates de diffusion en salle sur leurs pages Facebook. »

L’envollée culturelle | par Marie-Lou Monnot

Page officielle du film Finding Gondal

Les filles de Jane (4) : Hélène

Couverture Jane le renard et moi« Impossible de se promener aujourd’hui ». C’est avec cette première phrase, empruntée au roman Jane Eyre de Charlotte Brontë, que s’ouvre l’émouvante bande dessinée Jane, le renard et moi d’Isabelle Arsenault (illustratrice) et Fanny Britt (auteure et traductrice), parue cet automne aux éditions La Pastèque.

L’histoire de Jane, le renard et moi se déploie comme un extrait du journal intime d’Hélène, une adolescente d’aujourd’hui victime d’intimidation à l’école. En référence au roman de Charlotte Brontë, Hélène emprunte son prénom à Helen Burns, la jeune amie de Jane Eyre qui décède tragiquement de la tuberculose dans les premiers chapitres du roman.

Tout en nuances de gris, les illustrations au crayon graphite de Jane, le renard et moi évoquent l’univers solitaire et déprimé d’Hélène. «Je trouvais que les esquisses au crayon à mine, avec leur côté sale et terne, allaient bien avec la fragilité de quelqu’un qui n’a pas encore déterminé sa place dans la vie » expliquait Isabelle Arsenault en entrevue pour le Journal La Presse.

© Isabelle Arsenault, éditions La Pastèque 2012
© Isabelle Arsenault, éditions La Pastèque 2012

Hélène, au-delà des insultes et de la méchanceté de ses camarades de classe, trouve du réconfort et un espace où elle peu respirer librement dans le roman de Charlotte Brontë, dont les extraits sont illustrés par des pages en couleurs dans l’œuvre d’Arsenault et Britt. Jane donne du courage à Hélène, car l’héroïne de la romancière victorienne a connu elle aussi les affres de l’intimidation et de la violence verbale dans son enfance. Elle aussi se trouvait laide et ordinaire,  mais elle a su se faire un chemin dans la vie et trouver l’affection et l’amour.

Hélène apporte son roman Jane Eyre lors d’une redoutable sortie d’immersion anglaise organisée par l’école dans un camp de vacances. Si les insultes et l’ostracisme de ses camarades se poursuivent de plus belle, une série d’événements inattendus, dont la rencontre d’un attendrissant renard, transforme positivement la vie d’Hélène et brise son isolement.

© Isabelle Arsenault, éditions La Pastèque 2012
© Isabelle Arsenault, éditions La Pastèque 2012

Jane, le renard et moi  parle « de l’expérience humaine de l’enfance, du moment d’éclatement où la perte de l’innocence coïncide avec la quête identitaire, du désir d’invalider le regard que portent les autres sur nous. » L’illustratrice Isabelle Arsenault a d’ailleurs volontairement fait d’Hélène un personnage visuellement neutre. «Nous ne voulions pas tronquer la lecture. Parce que, dans le cas de l’intimidation, au-delà du jugement des autres, se trouve la perception que nous avons de nous-mêmes» expliquait Fanny Britt dans une entrevue pour le Journal de Montréal.

© Isabelle Arsenault, éditions La Pastèque 2012
© Isabelle Arsenault, éditions La Pastèque 2012

L’auteure n’a pas hésité à révéler également que Jane, le renard et moi était une œuvre autobiographique. Tout comme le roman  Jane Eyre, sous-titré par Charlotte Brontë « une autobiographie », la bande dessinée puise littéralement dans l’expérience de l’auteure. Et tout comme Jane Eyre, ce témoignage sincère, pudique et sans artifice, ancré dans des souvenirs douloureux, parvient à toucher profondément tous ceux et celles qui ont connu la violence et l’intimidation dans leur jeunesse.

« C’est une histoire que je porte depuis vingt-cinq ans. Jane Eyre était pour moi un modèle d’indépendance. J’y vois un discours féministe de la part de Charlotte Brontë, qui parle d’un accomplissement en dehors de l’apparence. Mon roman raconte l’histoire d’un dur apprentissage, de trouver sa voix, une force, un courage. L’héroïne, comme moi, le trouve dans la littérature, qui m’a aidée à me projeter dans le grand monde. » confiait l’auteure à la revue Le Libraire.

Isabelle Arsenault et Fanny Britt
Isabelle Arsenault et Fanny Britt

Fanny Britt est originaire d’Amos en Abitibi et a grandi à Montréal. Après sa sortie de l’École nationale de théâtre du Canada en écriture dramatique, en 2001, elle se met à la traduction et à l’écriture. Elle a également fait plusieurs incursions dans le théâtre jeune public.

Isabelle Arsenault est une illustratrice formée en Design graphique à l’Université du Québec à Montréal (2001). En 2004, elle illustre son premier livre pour enfants Le coeur de Monsieur Gauguin qui remporte le prestigieux Prix du Gouverneur général dans la catégorie « illustration jeunesse de langue française ». Elle a également été finaliste à deux reprises pour les Prix GG avec My Letter to the World et Migrant et finaliste en 2011 pour le prix Marilyn Baillie pour Spork. Son livre Migrant se retrouvait parmi la liste des 10 meilleurs livres illustrés de l’année 2011 du New York Times.  En 2012, elle remporte son deuxième Prix Littéraire du Gouverneur Général pour les illustrations du livre Virginia Wolf ainsi que le Prix jeunesse des libraires du Québec pour Fourchon.

La Pastèque est une maison d’édition québécoise, mise sur pied par Frédéric Gauthier et Martin Brault en 1998. Plus de 100 titres ont été publiés à ce jour. Jane, le renard et moi connaîtra une diffusion dans la sphère anglophone, grâce à une entente signée entre l’éditeur québécois La Pastèque et Groundwood Books

«Jane Eyre» par les sœurs Balbusso

© Anna et Elena Balbusso 2009 – http://www.balbusso.com

J’ai toujours adoré les illustrations des jumelles Anna et Elena Balbusso. Quel ne fut pas mon enthousiasme lorsque je découvris qu’elles avaient illustré, en 2009, le roman de Charlotte Brontë Jane Eyre aux excellentes éditions didactiques italiennes «Black Cat». Je me suis procuré le livre aussitôt et j’ai complètement adoré ! Je ne suis pas la seule à avoir apprécié cette mise en images du célèbre roman, car les sœurs Balbusso se sont mérité le Prix d’excellence «Illustration 2010» Communication Arts pour leurs illustrations de Jane Eyre.

Le livre, destiné aux adolescents et aux jeunes adultes, comporte 16 illustrations pleine page en couleurs. Ce sont essentiellement les scènes marquantes de la vie adulte de l’héroïne qui y sont présentées (après son départ de Lowood).

À mon sens, le savant mélange des couleurs chaudes et sombres choisies par les sœurs Balbusso exprime à merveille l’atmosphère intime, mystérieuse, intense et dramatique du roman.  L’esthétique des illustrations rappelle également la peinture romantique du XIXe siècle : on y sent bien le grain de la toile sous-jacente et les clairs-obscurs y sont intenses. Par ailleurs, les couleurs appliquées en larges coups de pinceaux, fluides et vibrants, insufflent une belle note contemporaine à l’ensemble. Ces choix esthétiques s’accordent parfaitement avec le contenu du livre, qui propose une lecture abrégée du texte, accompagnée d’un CD audio et de questionnaires amusants pour les jeunes lecteurs, le tout afin de leur permettre d’apprivoiser ce classique de la littérature avec leurs référents actuels.

© Anna et Elena Balbusso 2009 – http://www.balbusso.com
© Anna et Elena Balbusso 2009 – http://www.balbusso.com
© Anna et Elena Balbusso 2009 – http://www.balbusso.com

Les illustratrices Anna & Elena Balbusso sont jumelles. Elles vivent et travaillent à Milan, en Italie. Elles sont diplômées de l’Académie des Beaux-Arts de Brera, où elles se sont spécialisées en peinture. Depuis 1994, elles travaillent en équipe, à la pige, pour les milieux de l’édition et de la publicité en Italie, en France et aux Etats-Unis. Elles ont illustré de nombreux livres jeunesses pour des éditeurs italiens et internationaux, dont Gallimard et les Editions Milan. Leurs œuvres ont été exposées lors de nombreuses expositions dans des galeries en Italie et à l’étranger. Leurs travaux ont été récompensés par de nombreux prix, dont tout récemment la Médaille d’or 2011 de la Société des Illustrateurs de New York.

Les sœurs Brontë et les sœurs Balbusso : une combinaison parfaite !