Amanda White

© Amanda White
© Amanda White

Amanda White, peintre naïve, a principalement travaillé la peinture à l’acrylique, mais le collage est maintenant son médium de prédilection suite à une rencontre fortuite avec une pile de vieilles revues Vogue à côté d’une poubelle. Ses influences sont multiples, allant de sa formation en théâtre en passant par la poterie Staffordshire, les vieilles maisons, les textiles anciens, Frida Kahlo, William Blake, les romantiques anglais…

© Amanda White
© Amanda White

Elle a récemment réalisé une série de collages représentant des maisons d’écrivains, qui combine son amour des vieux bâtiments et de la littérature. Dans ces œuvres, elle souhaitait transmettre un état d’esprit, une histoire et un sens du lieu. La maison des sœurs Brontë y tient la place d’honneur, avec rien de moins que cinq tableaux. Publié sous forme de calendrier 2016 par l’éditeur américain Andrews McMeel, The Writers’ House Series Calendar 2016 est disponible chez amazon.com.

© Amanda White
© Amanda White
© Amanda White
© Amanda White
© Amanda White
© Amanda White

2016

 

«Les sœurs Brontë à 20 ans» – nouveau livre en français

soeurs bronte a 20 ansLe Lannionnais (France) Stéphane Labbe publie une biographie originale des jeunes sœurs Brontë qui est aussi un acte d’amour à leur génie littéraire.

Charlotte, Emily, Anne. Jane Eyre, Les Hauts de Hurle-Vent, Agnes Grey. Tout le monde sait l’apport essentiel des sœurs Brontë à l’histoire de la littérature. Mais des lectures souvent lointaines entretiennent bien des incertitudes.

Plus d’excuses : la biographie signée Stéphane Labbe est là pour nous remettre les idées en place. Et plus encore. Les sœurs Brontë à 20 ans (éditions Au Diable Vauvert) est une véritable plongée dans l’Angleterre du XIXe siècle, au village de Haworth qui vit éclore la plus belle des fratries littéraires.

Claque littéraire

Le professeur de français au lycée Bossuet à Lannion s’est fait depuis longtemps ambassadeur de littérature anglaise, il a proposé voici trois ans une nouvelle traduction de Peter Pan à L’école des loisirs.

Son attirance pour les sœurs Brontë est ancienne. C’est celle de l’adolescent qui lit Les Hauts de Hurle-Vent, « une grosse claque littéraire » qui l’a menée, avec Moby Dick de Melville, à enseigner les lettres.

Et celle du jeune homme fasciné par le film de Téchiné, Les sœurs Brontë, avec Isabelle Adjani dans le rôle d’Emily Brontë. « Je me suis dit : un jour je ferai quelque chose sur elle. À l’époque, cela restait un personnage un peu mystérieux. » Il a patiemment attendu une année sabbatique en 2015 pour mener son envie à quai.

Être biographe des Brontë relève de la gageure. Pas d’événements vraiment marquants, d’aventures, de grandes histoires d’amour dans les « existences un peu ternes » de ces filles de pasteur anglican. « Mon problème, ça a été de traiter des trois sœurs. Au départ, j’ai soumis un Emily Brontë à l’éditeur mais leurs vies sont liées, m’a-t-il rappelé. J’ai donc décidé d’entrer dans le point de vue des trois. »

Écrits d’enfance

Pour reconstruire cette histoire, Stéphane Labbe s’est appuyé sur la correspondance inédite de Charlotte, alors qu’Emily, « très sauvage, voire asociale, n’a rien laissé » hors ses romans et poèmes, l’écriture d’Anne étant « plus autobiographique ».

L’originalité est également apportée par les écrits d’enfance qui « constituent pour la fratrie Brontë un véritable laboratoire d’écriture ». De fait, il livre un regard précis sur le processus de création littéraire, l’enrichissement d’un style, l’évolution de techniques d’écriture.

Mises en veille

Ces textes de jeunesse sont « étonnants et mériteraient d’être tous publiés. Elles ont vraiment créé une sorte de monde parallèle. Charlotte y écrit de 10 à 22 ans. C’est très élaboré, on a un peu l’impression de lire de la fantasy. C’est dû au fait aussi que ces gamins sont solitaires, leur statut social les empêchait d’être amis avec les paysans du coin. »

Un vrai travail a été nécessaire pour « trouver une explication à des phénomènes étranges » et tordre le cou à des spéculations hasardeuses d’autres biographes.

Le livre recèle aussi en creux une observation de la place de la femme dans la société du XIXe. Ou comment une famille, un père surtout, mise tout sur la carrière du frère, Branwell, au détriment de l’épanouissement artistique de ses sœurs. « Elles sont mises en veille par la société et la famille. »

Mais Branwell l’inconstant déçoit et sombre. L’ambition des trois sœurs finit par émerger, avec la publication de romans parmi les plus marquants du siècle. Si Agnes Grey lorgne du côté de Jane Austen, Jane Eyre reprend les codes du roman gothique mais sa prise de position féministe lui donne une dimension particulière.

Stéphane Labbe ne cache pas son admiration pour l’œuvre d’Emily : « C’est un auteur d’une grande modernité, avec un univers complètement fantasmé. Elle annonce le surréalisme. C’était une mystique, cela se ressent. C’était déroutant pour l’époque. J’ai un élan de sympathie pour ces jeunes femmes qui ont contribué à moderniser la littérature. Elles ont lutté contre un destin imposé qu’elles ont réussi à braver. »

L’auteur restitue très bien l’atmosphère particulière des « moors », ces collines désolées du Yorkshire. En visite sur les lieux une première fois, accompagné de sa fille Laura, le Lannionnais y est retourné seul l’an dernier.

Brontë Society

« Je me suis documenté à la bibliothèque du musée, j’ai visité tous les lieux où elles ont vécu. Quand tu te retrouves à Haworth, sur cette lande balayée par les vents, aride, où les fermes sont totalement isolées, tu comprends la tonalité des romans, ce côté rude des Hauts de Hurle-Vent, la violence des rapports humains. »

Avec émotion, il a pu feuilleter les petits carnets de jeunesse des sœurs, dans le vieux presbytère familial devenu musée… Car Stéphane Labbe est désormais membre de la Brontë Society, qui contribue à préserver l’héritage de la fratrie.

Par cette biographie, qui vient d’être traduite en chinois, il y apporte une jolie contribution. Qui donne une furieuse envie de relire Charlotte, Emily et Anne.

Par Philippe Gestin / Le Trégor

2016

«To Walk Invisible» – Tournage sur la rue principale

James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)

Suite aux aménagements sur les façades des maisons de la rue principale de Haworth pour les besoins du film «To Walk invisible», voici quelques photos du tournage avec les actrices incarnant Anne, Charlotte et Emily Brontë.

00 SUPP 2 TWI

James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb - I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)
James Fortune-Clubb – I love Haworth and the Bronte Parsonage (Facebook)

2016

Haworth dans «To Walk Invisible»

Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/

La rue Principale de Haworth a subie toute une transformation ces jours-ci pour les besoins du tournage du film «To Walk Invisible» relatant la vie des Brontë. Si la partie extérieure de la maison des Brontë fut reconstruite plus loin sur la lande, plutôt que d’utiliser l’emplacement du musée Brontë, l’équipe de tournage a choisi de masquer les façades des commerces actuels de Main Street pour lui redonner son cachet d’époque. J’ai déjà parlé de l’aspect de Haworth au XIXe siècle dans mon article «Haworth au temps des Brontë» et cette reconstitution semble tout à fait convaincante !

Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : Rose & Co http://www.roseandcompany.com/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/
Photo : … And Chocolate of Haworth https://www.andchocolate.co.uk/

twi-black-bull-ans-street

2016

Relecture de «Villette», le chef-d’œuvre méconnu de Charlotte Brontë (3)

Après la mort de Miss Marchmont, Lucy Snowe, 23 ans, sans ressource, ne sait trop où porter son destin. Un soir, traversant de nuit la campagne solitaire et déserte, sous la seule lumière des étoiles, l’héroïne de Villette vit une aurore boréale. Cet autre phénomène atmosphérique lui donna cette fois l’impulsion d’aller là où dansait l’aurore : au nord, à Londres.

Londres, Fleet Street, avec une vue de Ludgate Hill et de la cathédrale Saint-Paul, par Jules Arnout, c 1850.
Londres, Fleet Street, avec une vue de Ludgate Hill et de la cathédrale Saint-Paul, par Jules Arnout, c 1850.

Arrivée dans cette grande Babylone du XIXe siècle, Lucy Snowe fait d’abord face à la dure réalité de sa situation, des plus précaire : «J’avais tenu bon jusqu’alors mais (…) je me sentis soudain terriblement déprimée. » p. 469

Le lendemain (1er mars), ragaillardie par une bonne nuit de sommeil, Lucy part explorer Londres (la cathédrale Saint-Paul, la Cité, le West-End).

«À peine éveillée, je sautai du lit et ouvris les rideaux : déjà levé, le soleil s’efforçait de percer le brouillard. Au-dessus de ma tête, au-dessus des toits des maisons qui étaient presque au niveau des nuages, j’aperçus une masse sphérique, imposante, d’un bleu foncé – le dôme (de Saint-Paul). Et tandis que je le contemplais, tout mon être frémit ; mon ardeur secoua ses ailes trop longtemps enchaînées, les déploya à moitié ; et moi, qui n’avais jamais vraiment vécu jusqu’ici, j’eus soudain la sensation que j’allais enfin goûter à la vie : à cet instant, mon âme prit conscience d’elle-même.» p. 470

Si l’auteure Charlotte Brontë a effectivement visité Londres plusieurs fois dans sa vie et nous décrit ici l’une de ses visites avec enthousiasme, son récit de la traversé de la manche vers le Continent s’avère une narration détaillée et pittoresque de cette aventure qu’elle a véritablement vécue lorsqu’elle partit étudier à Bruxelles.

Durant la traversée, son héroïne Lucy Snowe apprend d’une compagne de voyage (Miss Ginevra Fanshawe) que certaines des écoles pour jeunes filles de Labassecour (Belgique) cherchent des anglaises pour enseigner la langue de Shakespeare. Lucy décide donc de tenter sa chance avec ce type d’emploi, plus précisément à Villette (Bruxelles) dont lui a parlé Miss Fanshawe.

Dans la réalité, c’est une amie de Charlotte Brontë, Mary Taylor, qui lui avait parlé du pensionnat de Mme Héger à Bruxelles. En effet, en 1841 Mary et Martha Taylor séjournent à Bruxelles au Château de Kockleberg. Les lettres enthousiastes que Mary écrit à Charlotte au sujet de Bruxelles enflamment l’esprit de cette dernière.

Avec ses deux sœurs, Charlotte élabore alors le projet de fonder une école pour jeunes filles à Haworth. Pour rendre ce projet possible, Charlotte et Emily doivent perfectionner leurs connaissances, plus particulièrement les langues et la musique. Le 8 février 1842, Charlotte (26 ans) et Emily (24 ans), accompagnées de leur père Patrick et des Taylor, visitent donc Londres avant de s’embarquer pour Bruxelles.

Ils s’installèrent au Chapter Coffee House dans la Cité près de Saint-Paul, sur Paternoster Row, que décrit également Charlotte dans Villette. Cependant, ce sont principalement les détails de son deuxième voyage à Londres en 1843, alors qu’elle retourne seule au pensionnat Héger, qui font l’objet de la narration dans Villette.

Source : Villette, Charlotte Brontë, traduction Gaston Baccara, édition Robert Laffont 1990.

2016

Les repentirs du peintre

Anne, Emily et Charlotte, peintes par Branwell, 1834.
Anne, Emily et Charlotte, peintes par Branwell, 1834.

À l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Charlotte Brontë en 2016, la National Portrait Gallery de Londres a procédé à différentes analyses sur le portrait des trois sœurs Brontë, dit «à la colonne», réalisé par leur frère Branwell en 1834. Malgré le fait que ce soit une œuvre de jeunesse sans grande qualité picturale, il s’agit encore de l’image officielle représentant les trois écrivaines du XIXe siècle.

En 2011, j’ai déjà évoqué l’histoire de cette œuvre dans l’article «L’étrange histoire d’un tableau», mais cette fois-ci, je souhaite explorer la version de la toile avant les modifications du peintre (qu’on appelle communément «repentirs») soit : l’ajout de la colonne au centre et l’ajout de la table au premier plan.

Je ne connais pas les conclusions auxquelles ont abouti les spécialistes de la National Portrait Gallery avec leurs puissants outils d’analyse ; pour ma part je n’avais accès qu’à un examen visuel de la reproduction du tableau, format affiche (achetée à la boutique du Musée Brontë en 2010), ce qui limite considérablement la validité de mes conclusions. Heureusement, ces repentirs du peintre ont été réalisés avec une maîtrise technique défaillante, ce qui, avec les années, a fini par révéler peu à peu ce qui se cachait en-dessous, de plus en plus visible à l’œil nu pour les visiteurs de la National Portrait Gallery.

02 Situation du repentir dans le tableau

Le premier repentir qui m’a toujours frappée comme une énorme incongruité dans le tableau est la table avec les livres, en avant plan. D’une part, Anne (à gauche) semble tenir la table bien inconfortablement entre ses hanches et son bras ; Charlotte, à gauche, plonge étrangement la main sous un livre dont l’inclinaison est en sens inverse de sa main, plutôt que de poser sa main dessus ; le prolongement du contour de la jupe d’Emily, au milieu du tableau, est également visible derrière la table. Si ce dernier défaut est occasionné par la transparence graduelle du repentir, les deux autres constituent des erreurs de perspective flagrantes.

Ces ajouts semblent avoir été fait avec beaucoup de nonchalance et de maladresse. Même si certains croient que ces repentirs sont du fait de Charlotte et de non de Branwell (pendant l’année 1834, Charlotte et Branwell prennent tous les deux des leçons de peinture auprès de l’artiste de Leeds William Robinson, Charlotte avait donc les compétences pour faire ces ajouts) je crois plutôt qu’ils sont de l’auteur du tableau, qui expérimentait avec l’équilibre de sa composition, en perdant visiblement de plus en plus d’intérêt pour son sujet à mesure que l’œuvre progressait. Je crois également que le rendu des mains des trois sœurs, avant qu’elles soient cachées par cette table, posait problème pour le jeune artiste, qui a finalement préféré les camoufler.

Finalement, en suivant les lignes des bras de même que les contours émergeants sous le repentir, nous voyons apparaître plutôt une composition ou les trois sœurs joignent leurs mains :

04 Portrait à la colonne première version mains jointes

 

En ce qui concerne le repentir de la colonne au centre de la composition, il recouvre de toute évidence le portrait de Branwell Brontë. En décembre 2015, The Telegraph publiait un article révélant que les experts de la National Portrait Gallery étaient convaincus que la colonne avait été ajoutée tout de suite après que Branwell ait esquissé son portrait sur le tableau, sans même avoir pris le temps de commencer à peindre ses traits. Il s’agit donc d’une décision artistique au début de la réalisation de l’œuvre, plutôt que d’un geste d’effacement volontaire a posteriori.

Quoiqu’il en soit, l’objectif de la National Portrait Gallery en 2016 est de reconstituer le portrait de Branwell à partir de ces lignes dessinées sous la colonne peinte. On peut d’ailleurs déjà voir clairement l’œil gauche du modèle, sa bouche (assez semblable à celle de son père Patrick Brontë) et l’arrête de son long nez apparaître sous la couche de peinture délavée.

05 Diptyque BranwellÀ défaut de connaître à ce jour la reconstitution du portrait de Branwell par la National Portrait Gallery, je m’attarderai à une hypothèse du collectionneur d’art James Gorin von Grozny, qui prétend qu’un dessin de William Henry Hunt (Tate Gallery) pourrait être une représentation de Branwell Brontë. J’intègre donc ce portrait de Branwell à la version du tableau final «pré-repentirs». N’est-ce pas un tableau plus émouvant ainsi ?

06 Portrait à la colonne branwell mains jointes

À voir, une autre analyse fort intéressante concernant ce tableau par Emily Ross, dans son blogue The Brontë Link.

2016

Rovina Cai

© Rovina Cai
© Rovina Cai

Je viens de découvrir la très belle série d’illustrations de Rovina Cai au sujet du roman Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë.

Rovina Cai est une illustratrice à la pige vivant à Melbourne, en Australie. Elle affectionne les illustrations qui évoquent un sens de l’intrigue, comme dans sa série sur Les Hauts de Hurlevent ; des images sur lesquelles on s’attarde, avide de connaître l’histoire qui s’y cache. Son travail est souvent inspiré par le passé, par les mythes, les contes de fées ou les romans gothiques.

Diplômée en Design et communication de l’Université RMIT de Melbourne, en Australie, Rovina Cai a ensuite complété une maîtrise en Illustration à la School of Visual Arts à New York.

© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai
© Rovina Cai

Rovina Cai

2016