L’influence de l’artiste John Martin

John Martin - «Josué commandant au soleil de s’arrêter»
John Martin – «Josué commandant au soleil de s’arrêter»

Pendant la jeunesse des Brontë, on pouvait trouver sur les murs du presbytère de Haworth des gravures de l’artiste John Martin (1789-1854). Ces paysages bibliques, mélanges de néoclassicisme et de romantisme, contribuèrent à camper les décors du fabuleux monde imaginaire d’Angria, que les enfants Brontë inventèrent ensemble dans leur enfance. Plus précisément, trois gravures reproduisant des œuvres de John Martin, datant toutes des années 1820, ornaient les murs du presbytère de Haworth : Le festin de Balthazar, Le Déluge et Josué commandant au soleil de s’arrêter.

John Martin - «Le déluge»
John Martin – «Le déluge»

Les œuvres de John Martin mettaient le plus souvent en scène des paysages et des tableaux apocalyptiques tirés de la Bible, sa principale référence. «John Martin aimait reproduire les incendies, les éruptions de volcans et les déluges. Il peignait sans cesse d’immenses bâtiments d’époques antédiluviennes devant lesquels l’homme paraissait minuscule. Et il se consacrait à l’essor et au déclin des civilisations qui étaient pour lui une parabole de l’éphémère. (…) Le fantastique de ces œuvres était toujours grandiose, même si parfois il était aussi pompeux et théâtrale.» Extrait de «La peinture romantique» éditions Tashen, 1999, p. 71

John Martin - «Le festin de Balthazar»
John Martin – «Le festin de Balthazar»

Ces images montrant des palais somptueux et des foules en perditions inspirèrent sans aucun doute les nombreuses guerres du royaume d’Angria des petits Brontë, dont les premiers personnages furent inventés à partir des soldats jouets que possédait Branwell depuis juin 1826. Les magnifiques bâtiments baignés de lumière dans la gravure Josué commandant au soleil de s’arrêter auraient peut-être servi de modèle pour la Ville de verre d’Angria (Glasstown) ; l’immense place de la gravure Le festin de Balthazar auraient quant à elle pu servir de modèle pour l’un des nombreux palais d’Angria. Charlotte et Branwell, les principaux auteurs des premiers Juvenilia, connaissaient très bien ces gravures puisqu’ils réalisèrent des copies des œuvres de John Martin dans le cadre de leur apprentissage artistique.

Ce monde imaginaire des enfants Brontë atteignit rapidement un niveau de complexité étonnant, ayant sa géographie, son gouvernement, son administration, son histoire, et même ses journaux. Sans aucun doute, les œuvres de John Martin accrochées sur les murs du presbytère auront largement contribué à rendre plus tangible les décors de cet immense univers virtuel sorti de l’imagination débordante des enfants Brontë.

2016

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