Nouveaux portraits présumés d’Emily Brontë

Portrait présumé d’Emily Brontë, C 1840, attribuée à John Hunter Thompson (1808-1890)

Ce portrait peint à l’huile, nouvellement découvert en Angleterre et présumé être un portrait d’Emily Brontë, a atteint £ 23 836 aux enchères en décembre dernier. La peinture, réalisée vers 1840 et attribuée à John Hunter Thompson de Bradford (1808-1890), portraitiste et ami de Branwell Brontë, a été mise en vente par la société J.P. Humbert du Northamptonshire. La peinture a été remise au commissaire-priseur par un proviseur à la retraite.

Le tableau représente une jeune femme de trois quart portant une robe d’un vert sombre et un chapeau de paille orné d’un ruban rouge. La jeune femme arbore de grands yeux pâles et un long nez, comme dans les portraits authentiques d’Emily Brontë réalisés par son frère Branwell.

Les inscriptions au dos de la peinture indiquent « Emily Brontë – Sœur de Charlotte B … Currer Bell » et l’écriture est pratiquement la même que celle de Charlotte Brontë. Les inscriptions sur ​​le papier recouvrant le dos de la peinture indiquent « Emily Brontë – sœur de Charlotte Brontë … Ellis Bell ». Currer et Ellis Bell ont été les noms de plume d’Emily et de Charlotte Brontë.

Malgré les nombreuses recherches qui ont été menées au sujet de ce tableau, la Société Brontë a émis des doutes quant à l’attribution de ce portrait à l’auteure des Hauts de Hurlevent. Ann Dinsdale, directrice des collections au Musée Brontë, souligne entre autres le peu de ressemblance entre ce portrait présumé d’Emily et ceux conservés à la National Portrait Gallery de Londres.

Portrait présumé d’Emily Brontë, attribué à Charlotte Brontë.

Enfin, ce tableau est presque identique à un dessin attribué par certains spécialistes à Charlotte Brontë et supposé représenter sa sœur Emily. Ce dessin a été publié pour la première fois en juillet 1894 dans la magazine The Woman At Home. Il ne figure malheureusement pas dans le catalogue raisonné The Art of the Brontë de Christine Alexander et Jane Sellars publié en 1995 chez Cambridge University Press.

Bien que le sujet soit effectivement identique au portrait peint, la similitude entre les deux œuvres ne justifie pas d’emblée l’attribution à un portrait d’Emily Brontë. Cependant, les inscriptions à l’endos du tableau, attribuées à Charlotte Brontë, pourraient alors permettre de confirmer la réalisation du dessin par l’auteure de Jane Eyre.


Portrait présumé d’Emily Brontë, 19e siècle, artiste inconnu

Un autre portrait d’Emily Brontë sera mis aux enchères le 23 février prochain avec une estimation provisoire de 3 000 £ . C’est la deuxième fois en deux mois qu’un nouveau portrait d’Emily Brontë se révèle au monde. Incroyable…

Le portrait a été envoyé à l’encanteur par un consignataire privé, après que ce dernier ait pris connaissance de l’engouement et de la vente remarquable du premier portrait en décembre.

Ce nouveau portrait de 33cm par 24cm a été peint au milieu du 19e siècle et est annoté « Emily Jane Brontë » avec d’autres inscriptions illisibles, peut-être le nom du peintre dont l’identité reste encore inconnue. Il représente une jeune femme aux cheveux sombres et aux yeux bruns clairs. Elle porte une robe sombre avec un fichu blanc sur les épaules et un ruban de soie vert noué autour du cou.

Ann Dinsdale émet encore une fois de sérieux doutes quant à la véracité de l’identification du portrait : « Le problème est de savoir qui aurait voulu peindre Emily Brontë, en dehors de son frère, Branwell qui aspiraient à une carrière de portraitiste ? ».

Si la question est légitime, elle ne s’avère pas l’argument-clef qui pourrait me fait douter qu’il s’agisse bel et bien d’un portrait d’Emily Brontë. Je suis moi-même une illustre inconnue et pourtant, de nombreux artistes ont fait plusieurs portraits de moi. Pourquoi ? Certainement pas parce je suis une « beauté » à immortaliser, mais simplement parce que j’ai des amis artistes et que leurs collègues sont souvent à la recherche de modèles amateurs et gratuits. Comme je suis capable de rester parfaitement immobile pendant très longtemps, j’ai servi de modèle souvent !

Par ailleurs, certains portraits de moi m’ont embellie, d’autres m’ont vieillie, d’autres présentent des yeux différents des miens… l’artiste interprète toujours un visage dans un portrait afin d’exprimer une émotion dans son œuvre, ce qui peut l’éloigner de la réalité du modèle devant lui, de surcroît s’il s’agit d’une illustre inconnue qu’il n’a pas à immortaliser pour la postérité.

Puisque Branwell Brontë, le frère des sœurs Brontë, a étudié la peinture et a côtoyé des artistes et des apprentis artistes, j’imagine facilement les sœurs Brontë servir à l’occasion de modèles aux amis de Branwell. Certaines de ces peintures ont sans doute été terminées à l’atelier après une courte séance de pose au presbytère, l’artiste laissant libre cours à son inspiration et s’éloignant quelque peu du souvenir des traits du modèle. La recherche de ressemblance avec les portraits peints par Branwell pourrait alors comporter plusieurs pièges pour les admirateurs des Brontë. Cependant, seul un témoignage écrit des Brontë au sujet de ces tableaux peints par les amis artistes de Branwell pourrait en assurer l’authenticité hors de tout doute… et ce n’est pas le cas avec ces deux nouveaux portraits d’Emily, malheureusement.

2 commentaires sur « Nouveaux portraits présumés d’Emily Brontë »

  1. C’est un très intéressant billet! Je pense comme toi, que ces portraits pourraient être de vrais portraits d’Emily, étant donné que Branwell évoluait dans un monde d’artistes. Bref, c’est comme toujours bien captivant! Je n’avais jamais vu le premier tableau, mais le deuxième oui. Par contre je me demande bien où…. ?

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    1. Bonjour Allie,

      Merci pour votre commentaire ! Je suis d’un naturel sceptique mais j’essaie de garder l’esprit ouvert😉

      Si j’étais tombée sur ces portraits dans une galerie, je n’aurais pas tout de suite pensé à Emily Brontë. Le premier tableau ne ressemble pas aux portraits connus d’elle et le deuxième possède une facture picturale proche de l’Impressionnisme, une approche de la peinture qui est apparue bien après les soeurs Brontë. Mais qui sait ? Les inscriptions à l’endos donnent une piste, mais sont-elles authentiques ? Les spécialistes du musée Brontë restent prudents pour ne pas se compromettre et les collectionneurs s’emballent devant la possibilité de faire un profit important… Nous verrons ce que l’épreuve du temps décidera pour ces portraits !

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