Synchronicité

Les sœurs Hansen, 1827 © Constantin Hansen (1804-1880)

À la même époque où vécurent les Brontë, quelque part au Danemark, vivaient trois jeunes sœurs : Alvide, Ida et Henriette. Leur frère, Constantin Hansen, travaillait comme peintre et s’assurait de leur bien-être depuis la mort de leurs parents. Le portrait que fit Hansen de ses jeunes sœurs en 1827 évoque de manière étonnante les sœurs Brontë. La jeune fille de gauche, penchée sur son dessin, absorbée dans son monde intérieur, ressemble étrangement à Emily telle qu’elle fut représentée dans le portrait dit «au fusil» réalisé par Branwell Brontë (voir la section «Portraits» de ce blogue). La robe est même identique ! La jeune fille au centre, tenant un travail d’aiguille entre les mains, possède la même coiffure et le même regard ambitieux que Charlotte dans le portrait dit «à la colonne», également réalisé par Branwell Brontë. La jeune fille à droite évoque quant à elle Anne Brontë, calme et pensive, complice de sa sœur en train de dessiner, comme Anne et Emily étaient complices dans la vie.

Mis à part cette ressemblance dans les tableaux, rien ne lie les sœurs Brontë aux sœurs Hansen. Le portrait témoigne seulement d’une étonnante synchronicité, survenue à la même époque dans deux pays différents. Mais que seraient devenues les sœurs Brontë si leur frère Branwell avait réussi sa carrière de peintre portraitiste comme le frère des sœurs Hansen ? Peut-être que Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent n’auraient jamais été écrits…

Constantin Hansen (Rome 1804-Copenhague 1880) © Christen Kebke

Constantin Hansen doit son prénom à sa marraine Constance, veuve de Wolfgang Amadeus Mozart. Il se forma chez son père, puis à l’école d’architecture de l’Académie royale danoise où il fut admis à l’âge 12 ans. À 21 ans, Hansen se tourna vers la peinture.  D’abord adepte du clair-obscur dans ses portraits, il s’oriente vers une manière plus simple et plus claire lors de son passage dans l’atelier de Christoffer Wilhelm Eckersberg en 1828. Il fait preuve d’une sensibilité délicate et d’un grand raffinement chromatique. Il perd ses deux parents à cette époque en raison du typhus, devenant le seul soutien de ses sœurs plus jeunes. Pendant un séjour en Italie (1835-1844), il exécuta des paysages d’une exquise finesse de lumière. À son retour au Danemark, on lui commanda un cycle de peintures murales pour l’université de Copenhague.

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