Costumes brontëens

Avec l’Halloween qui approche, l’envie de fabriquer et de porter un costume évoquant les sœurs Brontë fait inévitablement son chemin pour les admiratrices des célèbres romancières anglaises. Si les adaptations cinématographiques de leurs romans peuvent fournir d’excellentes idées, il est intéressant d’examiner d’autres sources d’inspiration moins connues, mais tout aussi inspirantes.

Ainsi, le 23 octobre dernier, le Musée Brontë recevait la visite de trois sœurs originaires de Pologne, Marta, Karolina et Olga. Les jeunes femmes confectionnent des costumes et des cosmétiques d’époque. Même leurs dessous et leurs corsets sont faits en utilisant des modèles historiques. Leur maquillage est réalisé en utilisant des recettes tirées d’un livre publié en 1809.

Marta, Karolina et Olga de Pologne au Musée Brontë (Haworth, Yorkshire, Angleterre)

Marta, Karolina et Olga de Pologne au Musée Brontë (Haworth, Yorkshire, Angleterre) – © Bronte Parsonage Museum

D’autre part, Lynn Marie Cunliffe d’Abigails Ateliers dans le Yorkshire poursuit ses recherches de costumes historiques, qu’elle partage sur son blogue pour notre plus grand plaisir. Ses costumes font des apparitions remarquées à Haworth ; ils rappellent de façon fantomatique les silhouettes disparues des Brontë dans leur village d’origine.

© Lynn Marie Cunliffe

© Lynn Marie Cunliffe

© Lynn Marie Cunliffe

© Lynn Marie Cunliffe

La photographe anglaise Lee Avison, établie à Manchester, s’inspire quant à elle des sœurs Brontë et de l’époque victorienne pour réaliser, avec des décors et des costumes typiques, des couvertures de livres particulièrement atmosphériques, destinées à différents éditeurs à travers le monde.

© Lee Avison

© Lee Avison

© Lee Avison

© Lee Avison

© Lee Avison

© Lee Avison

Enfin, le monde du théâtre offre lui aussi plusieurs excellents exemples de costumes évoquant les Brontë. Par exemple, la robe fabriquée par Camille Assaf pour la production de William Luce Brontë: A Portrait of Charlotte au Alloy Theater Company à New York (USA)…

Costume de Camille Assaf pour la piece de William Luce «Brontë: A Portrait of Charlotte» au Alloy Theater Company à New York (USA).

Costume de Camille Assaf pour la piece de William Luce «Brontë: A Portrait of Charlotte» au Alloy Theater Company à New York (USA).

…ou encore la photographie promotionnelle de la pièce Brontë au Blue Barn Theatre à Omaha au Nebraska (USA), dans le cadre du festival littéraire Romance at the Castle: The Brontës produit par la Fondation Jill and Joslyn Castle.

Brontë au Blue Barn Theatre à Omaha au Nebraska (USA).

Brontë au Blue Barn Theatre à Omaha au Nebraska (USA).

À vos ciseaux et, si vous êtes trois, ce sera encore mieux ! Bon Halloween !

Rendez-vous avec Charlotte Brontë à New York en 2016 !

Portrait de Charlotte Brontë / Robe de Charlotte Brontë qui sera exposée à New York en 2016

Portrait de Charlotte Brontë / Robe de Charlotte Brontë qui sera exposée à New York en 2016

Cette semaine, le journal Keighley News (Yorkshire, Angleterre) a publié une nouvelle excitante pour les admirateurs des Brontë vivant sur le continent américain. En effet, l’année 2016 marquera les 200 ans de la naissance de Charlotte Brontë, célèbre auteure des romans Jane Eyre et Villette. Pour l’occasion, il y aura des célébrations partout dans le monde. Plus précisément, une exposition itinérante voyagera de la National Portrait Gallery de Londres vers le musée Brontë à Haworth, puis… à la Pierpont Morgan Library à New York ! La liste des objets et artefacts qui y seront exposés comprend entre autres l’une des robes Charlotte Brontë, une sélection de ses œuvres et l’un des célèbres livres miniatures des Juvenilia réalisé à la main. Une occasion unique de prendre contact avec la vie de l’écrivaine victorienne.

La Pierpont Morgan Library est une magnifique bibliothèque de recherche et un musée situé sur Madison Avenue au niveau de la 36e Rue, dans le quartier de Murray Hill de Manhattan. La collection inestimable est riche de 350 000 pièces. Elle comprend des dessins et des estampes, des livres anciens, des manuscrits du Moyen Âge et de la Renaissance, des manuscrits d’ouvrages littéraires et historiques, des partitions originales et des sceaux antiques. On y trouve ainsi trois exemplaires de la Bible de Gutenberg, un manuscrit de la main de Mozart, des lettres illustrées de Van Gogh, ou encore le plus grand ensemble de gravures de Rembrandt conservé aux États-Unis. On y trouve aussi des partitions de Mozart, le manuscrit original d’Eugénie Grandet qu’Honoré de Balzac avait offert à Madame Hanska, des bijoux et des pièces d’orfèvrerie, le manuscrit original du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, ainsi que des partitions de la main de Beethoven et de Brahms.

Nouveau documentaire en français sur les Brontë

Finding Gondal[1]Grâce au financement collectif sur Internet touscoprod (complété avec succès), un nouveau documentaire en français sur les Brontë est en préparation. «Finding Gondal – L’histoire des sœurs Brontë» sera réalisé par Morgan Rauscent.

Diplômé de l’université Lyon 2 et co-fondateur du collectif Mac Guffin, avec lequel il produit et réalise de nombreux courts métrages, Morgan Rauscent  s’aventure seul en 2008 dans l’univers enrichissant de l’enseignement tout en poursuivant sans relâche son activité de scénariste et de réalisateur. Quatre ans plus tard, il pose ses valises à Londres et c’est là que l’aventure « Finding Gondal – L’histoire des Brontë » commence. Voici comment il présente son nouveau documentaire.

«L’histoire des Brontë se suffit à elle-même, nul besoin de la mystifier. Beaucoup de mythes ont entouré leur vie, entretenant la légende d’une fratrie malheureuse et repliée dans une vie monacale. Mais en se plongeant plus profondément dans leur histoire, on se rend compte qu’elles avaient une réelle connexion avec le monde. L’universitaire Sally Shutterworth, l’une des intervenantes du film, érige même Charlotte comme une représentante de la pensée et des mœurs de son époque. C’est de ce point de vue que j’ai pensé et construit ce film, en parcourant bon nombre d’ouvrages et d’essais, et en choisissant méticuleusement les intervenants :

Sally Shuttlerworth – Professeure au St-Anne’s College de l’université d’Oxford, elle a consacré une grande partie de sa vie à la recherche sur l’époque victorienne, notamment sur les liens unissant la science et la littérature. Elle est l’auteur du livre «Charlotte Brontë and Victorian Psychology».

Josephine McDonagh – Professeure responsable du département d’anglais du King’s College de Londres. Spécialiste de la littérature du XIXe siècle, elle a écrit la préface de la dernière édition de «The Tenant Of Wildfell Hall» et de nombreux essais sur Anne Brontë.

Sophie Gilmartin – Doctoresse à l’université Royak Holloway de Londres, elle est spécialisée dans la littérature du XIXe siècle, en particulier les femmes. Elle enseigne et écrit sur l’œuvre d’Emily Brontë, aussi bien sur les «Hauts de Hurlevent» que sur les poèmes.

Diane Purkiss – Historienne et professeure au Keble College de l’université d’Oxford, elle se consacre aux recherches unissant la littérature et la sorcellerie ou le fantastique. Elle a écrit de nombreux livres et essais, notamment sur les fantômes et le Yorkshire.

Shahidha Bari – Enseignante à l’université de Londres Queen Mary, elle se consacre principalement aux « Gender studies ». Elle intervient régulièrement à la BBC,  que ce soit en radio ou en télévision. Elle a publié des essais sur le «genre» dans l’œuvre de Charlotte Brontë.

Ivan Radford – Journaliste du cinéma et écrivain. Il intervient sur des dossiers pour le «Guardian» et autres journaux britanniques. Il a créé aussi un «Iflick», un site internet de critiques de films décalées, qui rencontra immédiatement un succès à Londres.

Principaux lieux visités

Les paysages ont une grande importance dans le film. Je veux immerger le spectateur dans cet univers et dans la beauté de la lande du comté de Bradford ou les côtes sauvages de Witby. A plusieurs reprises, des lectures de poèmes interviendront dans le film, notamment concernant la mort d’Anne, enterrée sur les falaises de Scarborough.

Le Brontë Parsonage Museum – Musée sur la vie des sœurs Brontë et sur leurs œuvres. Des pièces uniques concernant les premiers écrits, et sur ce qu’était le quotidien des trois sœurs.

Haworth – Juste au pied du presbytère se trouve le cimetière du village, et à quelques mètres, l’église où officiait Patrick Brontë. Cet ensemble se situait au sommet du village, où l’on apercevait également l’école dans laquelle Charlotte et Emily ont enseigné.

East Riddlesden Hall – Un manoir du XVIIe siècle, lieu de tournage pour une adaptation des «Hauts de Hurlevent». Il aurait été une des inspirations pour les trois sœurs, notamment pour Thornfield Hall dans Jane Eyre.

Ponden Kirk – Ce gigantesque rocher gisant aux abords d’une falaise était un des endroits préférés d’Emily, il est devenu « Penistone Crags » dans les «Hauts de Hurlevent».

Top Withens – Cet endroit est devenu un lieu de pèlerinage pour les fans des «Hauts de Hurlevent». Il ne reste que les ruines de cette maison perdue au milieu de la lande. C’est surtout à cause de sa situation géographique qu’il est assimilé à la demeure d’Heatcliff.

Scarborough – Principale station balnéaire du Yorkshire à l’époque, Anne venait y passer ses étés avec la famille Robinson, dont elle était la gouvernante. Plus tard, affaiblie par la tuberculose, elle a tenu à y être transportée, pensant que l’air marin pouvait la sauver.

North York Moors National Park – Cette région du Yorkshire présente des paysages différents de ceux entourant Haworth. Emily et Anne l’affectionnaient particulièrement, plusieurs poèmes et histoires lui sont dédiés.

Où va être diffusé le film ? Pour commencer, une fois terminé, le film sera proposé aux bibliothèques. Le musée des sœurs Brontë de Haworth veut proposer le film à ses visiteurs. Nous espérons également diffuser le film sur des chaines culturelles en France, Angleterre et Belgique. Enfin, le film sera proposé à tous les principaux festivals de films documentaires.»

Sosies d’Emily

Le 30 juillet dernier, Emily Brontë aurait atteint l’âge vénérable de 196 ans. Considérée souvent comme la plus énigmatique des sœurs Brontë (entre autres parce que ses deux sœurs ont laissé à la postérité plus d’écrits et de représentations d’elles-mêmes), Emily traverse les siècles avec seulement deux portraits révélant son visage : l’un de trois quart (portrait dit «à la colonne», c1834) et l’autre portrait de profil, découpé dans un tableau familiale aujourd’hui disparu, c1833. Voici deux  sosies d’Emily que j’ai découverts au fil des années, inspirés de ce fameux portrait de profil.

Emily Brontë / Inconnue, daguerreotype c1850 (Southworth & Hawes) / Photo de profil Facebook d'Isabelle Pruneau, Canada (publié avec sa permission)

Emily Brontë / Inconnue, daguerreotype c1850 (Southworth & Hawes) / Photo de profil Facebook d’Isabelle Pruneau, Canada (publié avec sa permission)

Poème d’Emily Brontë « La nuit autour de moi »

Top Withens © Elliot Young

Top Withens © Elliot Young

La nuit autour de moi se fait plus obscure,

Les vents sauvages soufflent, plus froids,

Mais un charme tout puissant me lie,

Et partir, partir, je ne le peux.

Les arbres géants abaissent

Leurs branches nues, pesantes de neige,

Et la tempête va grande erre,

Et cependant je ne puis partir.

Nuages au-delà, nuages au-dessus de moi,

Solitudes au-delà, solitudes plus bas,

Mais nulle désolation ne peut m’émouvoir,

Je ne veux pas, je ne peux pas partir.

Emily Brontë, novembre 1837

Le piano des Brontë

À droite du hall d'entrée, le bureau du père des Brontë. © Tanya & Richard - www.worldisround.com

À droite du hall d’entrée, le bureau du père des Brontë. © Tanya & Richard – http://www.worldisround.com

Le piano droit de la famille Brontë, installé dans le bureau du révérend Patrick Brontë, a été fabriqué par John Green de Soho Square, à Londres, au début du XIXe siècle. Il a été acquis par les Brontë au début des années 1830, probablement en raison du talent précoce pour la musique que montrait le jeune garçon de la famille, Branwell, alors âgé de treize ans.

Il a été vendu après le décès du dernier membre de la famille, mais il est revenu au presbytère en 1916. Considéré comme un simple meuble, il n’avait pas été joué depuis la création du musée Brontë, jusqu’à ce qu’un membre de la Brontë Society, Virginie Esson, s’est offerte en 2007 pour en payer la restauration. Grâce à son généreux don, et au patient travail de trois ans du restaurateur Ken Forrest, nous pouvons entendre de nouveau, depuis 2010, le son merveilleusement cristallin de l’instrument sous les doigts de Jamie Cullum.

Les livres de musique de la famille Brontë, qui sont conservés dans la bibliothèque du musée, comprennent des œuvres de Beethoven, Clementi, Haydn, Handel (un favori de la famille Brontë) et Robert Burns. Certaines de ces partitions sont datées et marquées avec les noms des membres de la famille. Les valses de Beethoven sont même annotées d’instructions pour le doigté, peut-être par le professeur de piano des enfants Brontë, Abraham Starsfield Sutherland, organiste de l’église paroissiale de Keighley.

Emily Brontë a été décrite comme jouant du piano «avec une grande précision et beaucoup d’éclat». Son talent a d’ailleurs justifié l’embauche du meilleur maître de musique pendant ses études à Bruxelles en 1842. Son compositeur favori était Beethoven, qui connaissait alors une grande popularité en Europe. Après son exposition aux œuvres du célèbre compositeur, la créativité d’Emily a particulièrement prospéré, pour aboutir à la rédaction de son seul roman «Les Hauts de Hurlevent», dans lequel plusieurs érudits trouvent une grande influence de la musique.

Anne, pour sa part, préférait chanter, mais elle s’accompagnait souvent au piano. Dans son livre de chansons conservé au musée Brontë, elle a transcrit 34 hymnes, des chants sacrés, des chansons folkloriques écossaises et d’autres musiques, avec les accompagnements au piano. Elle aurait constitué ce livre de chansons vers l’âge de vingt-deux ans, alors qu’elle travaillait comme gouvernante chez la famille Robinson.

Livre de chansons d'Anne Brontë

Livre de chansons d’Anne Brontë

Quant à Charlotte, elle a cessé de jouer du piano pendant son adolescence, en raison de sa myopie qui rendait la lecture des partitions particulièrement difficile. Sa passion pour la musique ne fait aucun doute cependant, puisqu’elle a  assisté à au moins un concert pendant ses études à Bruxelles et à plusieurs concerts à Keighley.

Gros plan piano Bronte

Voir aussi :

The Brontës and Music

Emily Bronte and Beethoven: Romantic Equilibrium

Emily Brontë and the Musical Matrix

Mes recherches au Portugal

Un site littéraire Portugais, Leitores Depressivos, a repris certaines de mes compilations photos des portraits des sœurs Brontë, dans son article Cinco motivos para ler: As irmãs Brontë (Cinq raisons de lire: Les Soeurs Brontë).  Merci Ana Beatriz Assumpção d’avoir référencé mon site !